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Patrimoine de St André


Entre Cévennes et Méditerranée, Saint André de Cruzières se situe à l’extrême sud de l’Ardèche, à la limite du Gard, le long de la rivière Claysse au sortir de son étonnant voyage souterrain. Ce territoire au climat particulièrement doux offre un environnement protégé soumis aux influences méditerranéennes : c’est le pays de la garrigue gorgée de soleil, des chênes verts et des genévriers, du thym et de la lavande, des oliviers et de la vigne.
Couleurs, saveurs,odeurs, la nature vous invite à flâner à la recherche des trésors du passé. Au gré de promenades et de randonnées vous serez surpris par la richesse historique de ce territoire qui regroupe dolmens, capitelles, murets en pierres sèches, pigeonniers et de multiples avens.

TERRE D’HISTOIRE

Le territoire de St André abrite des vestiges des différentes périodes de son histoire. Les plus anciens datent de la fin du paléolithique (baume de Chazelles, traces de campement, outils), alors que le néolithique est représenté par la présence de nombreux dolmens dont un peu plus de 40 ont été recensés.
Le Moyen Age est une période plus connue avec la présence de quelques documents écrits. Avant 1200, les Templiers s’installent dans la région, un acte de 1180 porte donation de la terre de Cruzières par les seigneurs de Barjac à la Commanderie de Jalès. L’ordre possédait cette maison forte, connue de nos jours sous le nom de Castellas, située derrière l’église et symbolisée par la grosse tour ronde de la base.

La consécration de l’église a probablement eu lieu à la fin du XIIe siècle. Le village prend alors le nom de Sante Andreas de Crugeris après celui de Crugera.

A la Révolution Française, le quartier général des troupes royalistes emmenées par le comte de Saillans est installé sur la commune, ce qui vaut aux habitants une dure répression par les troupes fédérales du général d’Albignac le 11 juillet 1792. Le village est momentanément appelé Cruzières Supérieur.

TERRITOIRE VITICOLE

Au début du XIXe siècle, on assiste à l’essor de la viticulture, relayé par le développement de la sériculture : deux filatures de cocons sont en activité (l’une encore appelée "la Filature" visible entre le village et Chadouillet et la seconde au Bourdaric.
Aujourd’hui, sur ces terres à vocation agricole, la culture de l’olivier côtoie celle de la vigne qui reste la principale ressource agricole régionale.

Des origines antiques
Originaire d’Asie Mineure, la culture de la vigne a été étendue dès l’antiquité dans tout le bassin méditerranéen.
Dès 1306, il est fait mention de l’existence de vigne à St André de Cruzières.

Essor et crise
Au début du XIXe siècle, la production de vin augmente, parallèlement à l’expansion de la population (670 habitants en 1800 et jusqu’à plus de 1200 vers 1870). Cette croissance s’arrête dans les années 1860-1870 avec l’arrivée d’un insecte qui va anéantir la majeure partie du vignoble : le phylloxéra. La crise agricole qui en découle entraîne l’exode de la population locale vers les centres miniers et les grands centres urbains.
A la fin du XIXe, de nouvelles variétés de vignes résistant à l’épidémie (Clinton, Isabelle) sont plantées dans le vignoble. Dans les années 1940, l’arrivée des plants hybrides favorise l’essor de la vigne.

Le mouvement coopérateur
En 1924 est construite à St André une des toutes premières caves coopératives de l’Ardèche. En septembre 1925, la cave "Société l’Avenir" reçoit ses premières vendanges des communes de St André de Cruzières et St Sauveur de Cruzières. Les paysans vignerons deviennent "communautaires" et c’est le début du développement coordonné de la viticulture.
Les cépages ont eux aussi évolué avec l’émergence des Merlot, Syrah, Chardonnay, Viognier et Cabernet dans une optique résolument qualitative.

Aujourd’hui la vigne reste la principale ressource du village.

LA SOIE - LA FILATURE DUMAS

Ouverte en 1873, la filature employait les jeunes filles du village et des alentours. Les fileuses travaillaient 10 heures par jour, souvent depuis l’âge de 13 ans, pour un salaire journalier de 1,25 franc. Les cocons provenaient des nombreux élevages familiaux du village (magnaneries) et des environs. Après avoir fourni pendant 49 ans des soieries pour Lyon, la filature ferma ses portes en 1925.
Cette filature est encore visible entre le village et Chadouillet sur la gauche en contrebas. Il est intéressant de savoir que le pont qui fait face à la filature a été financé par le propriétaire, M. Dumas . Ce pont est maintenant un ouvrage d’art communal.

De la graine au fil de soie
Les graines (oeufs) achetés chez un courtier (1 g de graine=1200 à 1500 vers) sont conservées 3 semaines à une température de 25° à 30° avant d’éclore. Durant 4 semaines, les vers grandissent sur les taculliers (planches). Ils sont nourris de feuilles de mûriers et muent une fois par semaine environ puis ils cessent de s’alimenter et secrètent les cocons (environ 15 jours) dans les cabanels (tunnels de bruyères). Les cocons sont ensuite acheminés vers la filature où ils sont ébouillantés et dévidés. La soie grège ainsi obtenue subit une cuisson et un blanchiement avant le moulinage des fils.

La crise séricole
Au milieu du XIXe siècle, l’épidémie de pébrine (maladie du ver à soie) commence ses ravages. La production de cocons chute, contraignant les filateurs à s’approvisionner en cocons étrangers et les mouliniers à faire appel aux soies grèges italiennes ou orientales.
Suite à l’intervention de Pasteur pour le traitement de la pébrine, l’activité est relancée, mais l’invasion des soies orientales, favorisée par l’ouverture du Canal de Suez en 1869, suivie de la mise sur le marché des fibres artificielles amplifient la crise. L’apparition du nylon, après la dernière guerre, entraîne la disparition des derniers élevages.

DES PIERRES QUI RACONTENT...
Capitelles

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Ces constructions en pierres sèches et lauzes, bâties en encorbellement, sans poutre ni charpente, servaient d’abris temporaires en cas d’intempéries, de rangement d’outils ou de refuge. Les capitelles ont été érigées pour la plupart entre les XVIe et XIXe siècles par des bergers et des agriculteurs avec les matériaux issus de l’épierrement des terres.


Dolmens

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Les dolmens (tables de pierre) sont (seraient) des tombeaux, souvent utilisés au cours de IIIe et IIe millénaires avant J.C. Les dalles en calcaire étaient recouvertes d’un amoncellement de pierres (tumulus). Très nombreux dans la région, on en compte une soixantaine à St André de Cruzières. Le dolmen de La Croix, en parfait état de conservation, est un exemple remarquable de ce type de monument funéraire mégalithique.


Murets ou Clapas

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clapas et oliviers

Provenant de l’épierrage des champs autrefois cultivés en céréales, ils protègent les cultures du vent et conservent toujours un peu d’humidité.
Dans certains endroits, le sommet des clapas était réalisé de manière à pouvoir y circuler avec un âne ou en poussant une brouette sans endommager la parcelle cultivée.
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Ses cavités abritent nombre d’insectes et de petits reptiles et certains oiseaux, tels la Chouette Chevèche ou la Huppe Fasciée y nichent fréquemment.

Des fouilles archéologiques systématiques ont mis au jour de nombreux vestiges pour la plupart conservés au musée de préhistoire d’Orgnac l’Aven.

L’EGLISE ET SON PORTAIL ROMAN

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Le village de St André de Cruzières est regroupé autour de son église dont l’origine remonte au XIIe siècle.
Agrandie du côté nord aux alentours de 1840, puis du côté sud en 1850, l’église fut démolie puis rebâtie en 1885 pour un nouvel agrandissement.
L’édifice n’a conservé de l’époque romane que sa façade et son portail richement décoré, classé Monument Historique en 1910.